{"id":109,"date":"2026-02-26T14:36:58","date_gmt":"2026-02-26T14:36:58","guid":{"rendered":"https:\/\/julien-jacques-degreef.com\/?p=109"},"modified":"2026-02-26T14:36:58","modified_gmt":"2026-02-26T14:36:58","slug":"rencontrons-nous-pour-un-cafe-sans-sucre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/julien-jacques-degreef.com\/?p=109","title":{"rendered":"Rencontrons-nous pour un caf\u00e9 sans sucre"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-group texte-justifie\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Des larmes. Un plaid. Une tasse de th\u00e9 trop froid. Un chat. Dans la pi\u00e8ce d\u2019\u00e0 c\u00f4t\u00e9, un enfant qui dort. Un \u00e9cran \u00e9teint. Quelques posters jaunis. Un mouchoir. Un choix. Une erreur. Tant de d\u00e9cisions erron\u00e9es.<br>D\u2019autres larmes.<br>Elle est seule. D\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment seule. Lucie a froid. Un froid qui prend aux os, qui englobe la chair, qui ronge l\u2019\u00e2me. Elle regrette ce choix-l\u00e0. Le dernier. Avant le suivant, sans doute. Impossible d\u2019imaginer un suivant. Encore des larmes.<\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Son t\u00e9l\u00e9phone sonne. Zo\u00e9, son amie. Elle appelle pour prendre de ses nouvelles. Elle sait. Elle se doute. Elle conna\u00eet. Lucie ne d\u00e9croche pas. Elle ne veut pas d\u00e9crocher. Elle veut pleurer. Elle a besoin de se vider compl\u00e8tement. Ce n\u2019est qu\u2019en se vidant totalement qu\u2019elle pourra respirer \u00e0 nouveau. Demain, ou dans quelques jours, elle pourra r\u00e9pondre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center wp-block-paragraph\"><br>*<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br>S\u00fbre d\u2019elle, Aur\u00e9lie entra chez elle. Il \u00e9tait l\u00e0. Encore une fois, il n\u2019avait rien fait. Il n\u2019avait pas peint. Si au moins il avait peint. Un artiste m\u00e9diocre qui ne vend pas, il devrait peindre. S\u2019il est incapable de chercher un emploi, qu\u2019il exerce sa m\u00e9diocrit\u00e9 artistique. Lui, il ne peignait m\u00eame plus. Depuis deux ans, elle l\u2019aime, oui, et elle paie tout. Il s\u2019est install\u00e9 chez elle. Elle le voulait. Il s\u2019occupe plut\u00f4t gentiment de son fils \u00e0 elle. Un bel artiste peintre, svelte, dr\u00f4lement masculin, tendre, sensible. Quand il a enlev\u00e9 son t-shirt le premier soir, quand elle a touch\u00e9 ses abdos saillants, puis quand il a embrass\u00e9 son corps frissonnant, elle a su. Il a peint pour elle. Des clopes, du whisky, du sexe, de la peinture. Le r\u00eave. Au d\u00e9but de la vie \u00e0 deux, il \u00e9tait plein d\u2019entrain et elle aussi. Il allait peindre plus, peindre mieux et vendre \u00e9norm\u00e9ment. Il avait des connexions partout. Elle y croyait.<br>Deux ans sans rien vendre, si ce n\u2019est une toile pour deux cents euros. Aucune autre esp\u00e8ce de revenus. Un week-end en amoureux ? Pas les moyens, sauf si elle paie tout. No\u00ebl dans sa propre famille \u00e0 Bayonne ? Pas les moyens pour lui, sauf si elle paie tout. Les vacances en \u00e9t\u00e9 ? La m\u00eame chose. Le m\u00eame probl\u00e8me. Toujours le m\u00eame probl\u00e8me. Alors ce soir-l\u00e0, elle l\u2019avait quitt\u00e9. Micha\u00ebl, le beau peintre de ses r\u00eaves, son \u00e2me s\u0153ur, l\u2019artiste du cunnilingus, elle l\u2019avait quitt\u00e9 parce qu\u2019il \u00e9tait pauvre. Elle s\u2019en voulait. Juste un peu.<br><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center wp-block-paragraph\">*<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br>Quelques semaines plus tard, suivant les conseils de sa meilleure amie, Zo\u00e9, Lucie avait d\u00e9cid\u00e9 de s\u2019inscrire sur une application de rencontre et de voir ce qui se pr\u00e9sentait \u00e0 elle. Elle avait crois\u00e9 quelques profils, rien de bien folichon. Puis lui. Sociologue, grand, barbu, bel homme. Son profil \u00e9tait amusant. La discussion dr\u00f4le et touchante. Un homme profond et travailleur. Un homme qui a des revenus. Pas \u00e9norm\u00e9ment, mais suffisamment. Il est envisageable de partir en week-end avec cet homme-l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center wp-block-paragraph\">*<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Rencontrons-nous pour un caf\u00e9, sans sucre, a-t-il propos\u00e9. Il avait retenu qu\u2019elle ne buvait que des boissons sans sucre. Il \u00e9tait attentif. Elle a donc accept\u00e9 et ils se sont vus dans un caf\u00e9 place Albert \u00e0 Bruxelles. Chouette d\u00e9but de soir\u00e9e. Ils sont ensuite all\u00e9s manger dans un restaurant italien qu\u2019il connaissait. Quel bel homme. Quelle belle soir\u00e9e. Elle rit, elle s\u2019amuse, leurs yeux se croisent plusieurs fois et leurs mains se fr\u00f4lent. Tout allait bien jusqu\u2019\u00e0 une pens\u00e9e. Micha\u00ebl. Herv\u00e9 le sociologue avait tout ce que l&rsquo;artiste rat\u00e9 n\u2019avait pas sauf une chose essentielle : il n\u2019\u00e9tait pas Micha\u00ebl. Tout de m\u00eame il \u00e9tait beau, il avait de jolies l\u00e8vres et elle aurait aim\u00e9 l\u2019embrasser. En pensant \u00e0 Micha\u00ebl ? Merde, se dit-elle. Comment ne pas penser \u00e0 lui ? Herv\u00e9 a propos\u00e9 de diviser l\u2019addition. C\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 le double de rien, ce rien constant que proposait le peintre sans revenus, celui qui n&rsquo;avait et n&rsquo;aurait jamais rien. Elle n\u2019avait plus fr\u00e9quent\u00e9 un beau restaurant comme celui-ci depuis deux ans. Il \u00e9tait dr\u00f4le cet Herv\u00e9. Et intelligent. Il avait aussi un enfant dont il s\u2019occupait seul la moiti\u00e9 du temps en s\u2019arrangeant avec la maman de l\u2019enfant avec laquelle il entretenait une relation quasiment amicale. Il avait quelques moyens. Des plans. Des projets. Ils voulaient visiter les m\u00eames lieux ! Dieu quelle soir\u00e9e magique. Micha\u00ebl. Merde ! Arr\u00eate de penser \u00e0 lui, se dit-elle. Impossible. Il l\u2019a raccompagn\u00e9e au tram. Un peu timide, il n\u2019a pas os\u00e9 s\u2019approcher d\u2019elle plus avant. Se serait-elle laiss\u00e9e tenter ? Elle n\u2019en \u00e9tait plus s\u00fbre. Et pourtant il avait tout pour plaire. Quelle finesse d\u2019esprit, quel regard ac\u00e9r\u00e9 sur la soci\u00e9t\u00e9, quelles valeurs sensibles et humanistes. Un homme qui lit, c\u2019est un homme qui voyage et qui t\u2019emm\u00e8ne avec lui.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Micha\u00ebl.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br>Elle avait pris ce tram. Le lendemain, elle lui avait expliqu\u00e9 qu\u2019il lui \u00e9tait impossible d\u2019oublier son ex-compagnon avec lequel elle esp\u00e9rait r\u00e9essayer.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center wp-block-paragraph\"><br>*<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br>Des larmes. Un plaid. Une tasse de th\u00e9 trop froid. Un chat. Dans la pi\u00e8ce d\u2019\u00e0 c\u00f4t\u00e9, un enfant qui dort. Un \u00e9cran \u00e9teint. Quelques posters jaunis. Un mouchoir. Un choix. Une b\u00e9vue.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tant de d\u00e9cisions erron\u00e9es.<br>D\u2019autres larmes.<\/p>\n<\/div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-group texte-justifie\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Des larmes. Un plaid. Une tasse de th\u00e9 trop froid. Un chat. Dans la pi\u00e8ce d\u2019\u00e0 c\u00f4t\u00e9, un enfant qui dort. Un \u00e9cran \u00e9teint. Quelques posters jaunis. Un mouchoir. Un choix. Une erreur. Tant de d\u00e9cisions erron\u00e9es.<br \/>D\u2019autres larmes.<br \/>Elle est seule. D\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment seule. Lucie a froid. Un froid qui prend aux os, qui englobe la chair, qui ronge l\u2019\u00e2me. Elle regrette ce choix-l\u00e0. Le dernier. Avant le suivant, sans doute. Impossible d\u2019imaginer un suivant. Encore des larmes.<\/p>\n\n\n\n<\/div><div class=\"link-more\"><a href=\"https:\/\/julien-jacques-degreef.com\/?p=109\" class=\"more-link\">Continue reading<span class=\"screen-reader-text\"> &ldquo;Rencontrons-nous pour un caf\u00e9 sans sucre&rdquo;<\/span>&hellip;<\/a><\/div><\/div>","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[],"class_list":["post-109","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-nouvelles","entry"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/julien-jacques-degreef.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/109","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/julien-jacques-degreef.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/julien-jacques-degreef.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/julien-jacques-degreef.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/julien-jacques-degreef.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=109"}],"version-history":[{"count":11,"href":"https:\/\/julien-jacques-degreef.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/109\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":297,"href":"https:\/\/julien-jacques-degreef.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/109\/revisions\/297"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/julien-jacques-degreef.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=109"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/julien-jacques-degreef.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=109"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/julien-jacques-degreef.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=109"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}