Les rues aveugles

Bercés par les effluves,  
Des guitares, des cuivres, 
Qui mènent au-delà du perceptible, 
Là où seule l’âme voyage, 
Se désoriente, 
Se perd et se mélange, 
Vogue aux harmonies,
Entre New York et Philadelphie. 

Sa voix profonde,  
Ses notes uniques, 
Chaudes, 
Embrasantes, 
Câlinantes, 
Réconfortantes. 
 
Ses textes, 
Ses mots, 
Ressentent, 
Alignent leurs tréfonds, 
Suivant le cours de son fleuve, 
Qui gronde la lutte, 
En Alabama,
La Révolte, 
L’Amour, 
L’Insurrection, 
Dans le Massachusetts,
L’Inconditionnel souffle de vie.

Et pourtant, 
Ils consomment,  
Ratonnent, 
Haïssent, 
Racisent, 
Ignorent, 
Oublient, 
Nostalgisent, 
Rejettent, 
Ostracisent.  

Votent pour rabaisser, 
Crachent sur ses idéaux, 
Etouffent leurs étincelles,  
Détruisent le commun,
S’enlisent dans l’ignorance,
Téléscopisent leurs critiques par delà l’Attlantique,
Se noient dans leur sable sans mouvement,
Battant le rythme de leurs pieds trop gras,
Et rient.
Ils rient et vocifèrent.
 
Ils n’écoutent pas Springsteen. 
Ils l’entendent. 
Vaguement.  

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *