Une Porte

A gauche, un mur,
Gris, triste, sale,
Un mur vide de tout,
Vide sauf d’une tache,
Une tache que je me tâche d’analyser,
Une tache rouge, rouge colère,
Rouge sang,
Cent fois je l’inspecte,
Leur sang.

A droite, un mur,
Gris, triste, sale,
Un mur vide de tout,
Vide sauf de lignes,
Des lignes tracées au doigt,
Oh, toi, qui es-tu donc à les avoir,
Si souvent et méticuleusement tracées ?
Es-tu ou êtes-vous ?
En ajouterais-je une ?
Une par jour, une par heure ?

Derrière, un mur,
Gris, triste, sale,
Un mur moins vide,
C’est le mur de la vie,
Le mur de l’espoir,
Le mur de l’écrit.
Pas de futur,
Non au Capital,
Liberté,
Police chienne esclave.
Moins vide, le mur,
Moins vide, pas moins vain.

Autour, l’odeur,
Acre, dérangeante,
Sanglante,
Pissante,
Suante des pieds,
Suante des mains,
Suante de peur.
Odeur sale,
Odeur qui pollue.

Autour, le bruit,
Les cris,
La folie,
Le désespoir,
La maladie,
Et si…
Et si seulement…
Et si j’avais osé…
Peut-être alors…
Puis non.
Résignation.
Les cris.
Mes cris.

Devant, une porte,
Grise, noire, lourde,
Une porte épaisse,
Une porte infranchissable,
Une porte qui crie Trop Tard,
Une porte qui hurle T’avais qu’à,
Une porte qui me donne mal,
Une porte qui me donne honte,
Une porte que je referme,
Et je te laisse dedans,
Une larme.

Si j’avais osé,
Mais la terreur,
Une porte.

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