Qu’elle drache !
Ploc ploc ploc,
A l’extérieur,
Quelle drache !
Ploc ploc ploc,
A l’intérieur,
Qu’elle drache !
C’est l’orage qui tonne,
C’est l’orage qu’on entonne,
Malgré mes fausses notes,
Surlignées dans son cahier,
Re-surlignées encore et encore.
Elle hurle le temps orageux,
Elle se drape dans de beaux rats,
Qui grignotent mon ego,
Qui gangrènent ma libido,
Qui éventrent nos fondations.
Avant, je l’éblouissais,
Avant je m’éblouissais,
Avant j’éblouissais le monde.
Quand on faisait soleil,
Quand j’étais le soleil.
Ce soir je suis trempé,
Car donc,
Elle drache.
Cette pluie brise le ciel,
Poussée par la brise de colère,
Réclamant mes bises absentes,
Elle drache.
Ses larmes affûtées,
Ploquent sans harmonie.
Je résiste,
Je reste marbré,
Pas de bise,
Pas de brise,
Juste ma bile,
Dégoulinante.
Pas de bras rassurants,
Juste des bras,
Mous,
Ballants,
Lâches.
Dehors,
La drache tombe,
Dedans,
L’orage est passé,
La digue est brisée,
Elle ne pleure même plus.
Et moi,
Je pars.
